LA
GRANGE AUX DÎMES
L'existence de la Grange
aux Dîmes est liée à la vie rurale
et religieuse du moyen âge et de la renaissance.
Elle existait déjà au 13ème siècle.
La charpente actuelle date de la fin du 15ème
ou du début du 16ème siècle. Elle
est, avec le pigeonnier, le seul bâtiment qui subsiste
de l'ensemble formé par la grande ferme (ferme
du Bas-Samoreau) qui comportait des écuries, une étable,
une porcherie, une laiterie. Le fermier était
chargé de "lever et percevoir les dîmes
de grain et de vins". Il existait également
une chapelle qui, en mauvais état, disparut il
ya une vingtaine d'années.
L’ÉGLISE DE
SAMOREAU
Il n'existe pratiquement aucun document concernant l'église.
La nef, couverte
de tuiles, voûtée en berceau de style roman, a été très
probablement construite au XIIIe
siècle par les moines originaires de l'abbaye de Saint Germain-des-Prés.
Construits ultérieurement, le chœur et le transept droit, couverts
d'ardoises, sont de style gothique tardif ou flamboyant comme l'attestent les
arcs tiercerons (nervures auxiliaires). L'intérieur abrite un ensemble
intéressant de peintures et sculptures
• dans la nef, immédiatement à droite en entrant, on peut
observer un fragment de croix de chemin, en pierre du XIVe siècle.
Toujours sur la droite en se dirigeant vers le chœur, on remarque une
toile peinte du XIXe siècle représentant la Transfiguration du
Christ au Mont Thabor, puis un crucifix. Sur le mur gauche de la nef, de la
porte vers le chœur, on peut voir un panneau peint du XIXe siècle
représentant une
Crucifixion, puis une toile peinte de la même époque représentant
le Christ apparaissant à Saint-Pierre, enfin une toile représentant
Saint Jean Baptiste ;
• dans le chœur, à droite de l'autel, une pierre tombale avec
inscription du XVIIe siècle, est dressée contre le mur ;
• les éléments les plus intéressants sont rassemblés
dans le transept : immédiatement à droite, on peut admirer un petit
panneau peint représentant la Sainte Famille, classé Monument Historique,
puis au-dessus de la porte de la sacristie, une toile peinte du XlXe siècle
représentant l'Assomption. Contre l'autre mur du transept, on observe
dans l'angle, une statue de Saint Pierre du XVe siècle, en pierre, classé Monument
Historique, l'autel de la Vierge et son retable en pierre du XVIIe siècle,
un Thabor en bois enfin Saint Roch et son chien, en bois polychrome.
L'église possédait avant 1870 une belle flèche élancée
qui fut détruite par la foudre. Avant la Révolution, le clocher
abritait deux cloches. L'une d'elles a été descendue et transportée à Melun
pour être fondue. Celle qui nous reste, quoique petite, est peut-être
l'une des plus anciennes du département.
Elle porte l'inscription suivante :
«L'an 1500 fut faicte à Samoisseau en Brie et fut nommée
Marie»
L'église de SAMOREAU, dont le patron est Saint Pierre est inscrite à l'Inventaire
supplémentaire des Monuments Historiques depuis Août 1949.
LES PRESSOIRS DU ROY
Le domaine se situe entre Samoreau et Champagne sur Seine. Ses jardins s’allongent
sur 1600 m. La demeure est enserrée dans un amphithéâtre
de terrasses et surmontée d’un parc de 60 ha planté d’arbres
séculaires se confondant à la Forêt de Champagne. Cette
illustre propriété connut, à travers quatre siècles,
les destins les plus divers. Tour à tour gentilhommière royale
de deux souverains, exploitation viticole, briqueterie, résidence bourgeoise,
hôpital et maintenant Maison d’enfants.
En 1530, lors d’une chasse à courre, François 1er découvre
le site. Il fait construire le château et étendre le vignoble.
De 1592 à 1597, Henri IV séjourne aux pressoirs et y installe
Gabrielle d’Estrée.
Sous Louis XIII, en 1613, Nicolas Jacquinot restaure le bâtiment.
En 1690, la famille Baillon de Pixérécourt devient propriétaire.
De 1739 à 1750, Philippe Le Reboullet fait connaître aux Pressoirs
une nouvelle phase industrielle avec la construction d’une briqueterie
comportant douze fours à chaux.
Puis, de 1750 à 1890, se succèdent Gaspard Boniface de Castellane,
la Princesse de Béringhem, la Princesse de Bergues, Lasteyrie du Saillant,
Siret, Nully d’Héricourt, Brunet, le Comte de Traversy, Sieyès,
Othon de Clermont.
1894. La construction de la ligne ferrée coupe le parc. Le vignoble
est abandonné.
1914. Les Pressoirs deviennent hôpital militaire de convalescence.
1920. Le nouveau propriétaire, Fabre-Luce en donne jouissance à l’œuvre
départementale des Pupilles de la Nation pour installer un centre d’apprentissage
horticole. A sa mort, il lègue les Pressoirs à la Fondation Cognacq-Jay.1932.
La Fondation y ouvre une Ecole d’Horticulture.12 des
72 ha du domaine sont transformés à cet effet et l’intérieur
devient un internat pour 80 élèves.
1953. Mort de Gabriel Cognacq et fermeture de l’Ecole.
1954. Ouverture de l’Orphelinat de la «Fondation Michel Cognacq» dirigé par
la communauté des sœurs Salésiennes jusqu’en 1979.
1975. Agrément Maison d’enfants à caractère social
par le département de Seine et Marne.
LE PONT DE VALVINS
A VALVINS, un bac fait le service du passage de la Seine.
D'après H. STEIN, ce bac appartenait encore au XVIIIème siècle à l'abbaye
de St Germain-des-Près.
A la Révolution, le gouvernement s'attribue la propriété des
bacs et bateaux établis à poste fixe. Le droit de passage est
vendu aux enchères. Au début du XIXème siècle ce
bac est établi juste en face de la rue du bac actuelle. Cependant la
construction d'un pont à VALVINS est décidée. Les travaux
commencent en 1811 et le pont est livré à la circulation en 1825.
Il fallait payer pour le traverser: un sou par personne, âne, vache ou
cochon, 2 sous par cheval ou mulet non chargés et 3 sous étant
chargés, et ceci jusqu'en 1849. Le dernier passeur ne vivra jusqu'à sa
ruine complète en 1833, que des besognes courantes du port de VALVINS.
C'est vers les années 1908-1909, à l'occasion de la réfection
du pont de VALVINS, que la ligne de tramway, reliant Fontainebleau à VALVINS,
est prolongée jusqu'à la gare de VULAINES-SAMOREAU.
Le pont est reconstruit en bois en 1940.
Le 17 août 1944, les Allemands qui craignent que celui-ci soit coupé par
les bombardements alliés, ont prévu la construction d'un pont
de bateaux, situé face au restaurant «les Rosiers».
Le 18 août, devant l'avancée des Américains, ils le font
sauter .
Les hommes de Patton construisent un pont constitué de canots en caoutchouc
qui rejoint l'autre rive à la hauteur de la plage de SAMOREAU.
Ils rencontrent une vive résistance et ripostent vigoureusement avec
des tirs de 75, 105 et 250. Ils réussissent à établir
un point d'appui et la 3ème Armée franchit le fleuve à SAMOREAU.
L’ARBRE DE MAI
Samoreau doit son arbre de mai à son jumelage avec la commune bavaroise
de Bernried.
L’arbre de mai s’est développé des an- ciennes traditions
remontant aux temps des Celtes il y a 2000 ans. A cette époque, le début
du printemps était célébré par une grande fête
autour d’un arbre consacré à des rites religieux et même
des sacrifices.
A l’origine, l’arbre de mai était un symbole de fécondité et
d’amour. On dressait l’arbre de mai dans les villages comme signe
de réveil de la vie, comme symbole de la floraison de la nature au printemps.
Il amenait dans tout le village la fécondité et le protégeait
aussi.
Autrefois, l’arbre de mai était un bouleau. Cet arbre éclôt
en premier de son sommeil hivernal. Plus tard, on le remplaça par un épicéa,
car celui-ci est toujours vert et défie la saison froide et sombre,
c’est donc un signe de croissance et de force.
Bien sûr, l’arbre de mai est aussi un symbole phallique qui exprimait
la jonction entre le ciel et la terre.
Cela explique la manière de peindre cet arbre. La spirale blanche représentait
le lever quotidien du soleil et la spirale bleue celui du coucher, mais aussi
le changement périodique entre la croissance printanière et le
dépérissement au- tomnal.
Le coq à la cime montre la liaison entre le ciel et la terre. A côté du
coq se trouvent aussi les signes de corporation des artisans et paysans du
village.
En France, il n’y a que peu de traces historiques de l’arbre de
mai. Aujourd’hui, cette tradition est réactivée par-ci
et par-là dans le cadre de jumelages franco-bavarois.
STÉPHANE MALLARMÉ
Poète français (Paris 1842 - Valvins, Seine-et-Marne,1898).
1998 représente l’année du centenaire de la mort de Stéphane
Mallarmé qui a été enterré dans notre cimetière
de Samoreau.
Professeur d’anglais par nécessité, il écrit, enthousiasmé par
Baudelaire et Edgar Poe, l’Azur (1864) et Brise marine (1865). Dix de
ses poèmes, publiés dans le Parnasse contemporain (1866), passent
inaperçus ainsi qu’Hérodiade (1871), dans laquelle le poète
livre la définition de sa poétique : «peindre non la chose,
mais
l’effet qu’elle produit». Le même insuccès frappe
son églogue l’Après-Midi d’un faune (1876), qu’avait
précédé Igitur ou la Folie d’Elbehnon, conte allégorique
commencé en 1867. Il lui faudra attendre les jugements de Verlaine,
en 1880, dans ses Poètes maudits, et de Huysmans, en 1884, dans À rebours,
pour accéder d’emblée à la notoriété.
Son salon devient célèbre, fréquenté par les «espoirs» :
J. Laforgue, L. Tailhade,
G. Kahn, P. Louÿs, Gide, Valéry, Claudel, etc. Tous se passionnent
pour son Grand Œuvre, qui ne verra pas le jour et que Mallarmé appelle «le
Livre» (le premier mouvement de celui-ci,
Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, parut en 1897 dans
la revue Cosmopolis).
L’inconnu d’hier devient l’une des têtes du symbolisme
naissant, le prophète de la poésie nouvelle, avant d’être élu
prince des poètes à la
mort de Verlaine.
Son œuvre, malgré sa brièveté et son inachèvement,
a été déterminante pour l’évolution de la
littérature au cours du XXe siècle.
Le général Durosnel
A la seconde Restauration, en 1815, vient se retirer à SAMOREAU le comte
DUROSNEL. Agé de 44 ans, il s'est fait remarquer sur tous les champs
de bataille pendant les campagnes napoléoniennes. Général
de brigade à 34 ans, il devient bientôt général
de division et aide de camp de Napoléon. Pendant les Cent Jours, l'Empereur
le nomme commandant en second de la Garde Nationale.
Napoléon exilé, le comte DUROSNEL est en surveillance politique à SAMOREAU
où il habite la propriété du n° 2, rue de l'Eglise
dont la maison sera démolie vers 1908. On peut observer sur l'une des
grilles de la propriété, son initiale entremêlée à celles
de deux autres généraux de l'Empire :Dumoulin et Caulaincourt,
autres habitants célèbres du lieu.
Le comte a beaucoup d'influence sur les habitants par sa grande familiarité.
Longtemps conseiller municipal, il est maire pendant plus d'un an. A l'arrivée
de Louis-Philippe, il revient à la vie publique. Il est nommé député en
1830, conseiller général de 1831 à 1848, aide de camp
de Louis-Philippe en 1832 et Grand-Croix de la Légion d'Honneur. La
tradition veut que Louis-Philippe ait couché chez lui et même
planté un tulipier.
En 1837, le comte DUROSNEL achète la ferme de la grande cour. En 1848,
il rentre de nouveau dans la vie privée et meurt à Paris le 5
février 1849. Son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
Henri
Gandais
Elève de Lorin à Bourg-la-reine, débuta à Montrouge,
où il fit des grès décorés, cuits au grand feu à 1400°.
Ce sont des vases, des pièces ornementales. Il s’installa dans
sa villa «l’Argile» à Samoreau. Il prenait sa terre à Montereau.
Il fit du grès et de la faïence artistique, statuettes, personnages,
animaux.
En 1911, le musée Galliera l’expose à nombre de pièces égal
aux côtés de CHAPLET et DELAHERCHE. Le monde semble l’avoir
oublié depuis. Certes, même si Henri Gandais ne partage pas les
mêmes préoccupations que ses illustres pairs, ses œuvres
sont d’une qualité remarquable et souvent, pour des «céramiques
décoratives», tout à fait audacieuses.
Il
y a 60 ans,
Samoreau était libéré !
Au printemps 1940, les Allemands arrivent en France. C'est l'exode qui voit
les populations fuir en direction du sud. SAMOREAU aussi se vide. Le pont de
Valvins est coupé. La moitié de la France est occupée.
Les habitants reviennent peu à peu et on essaie de vivre avec l'occupant.
A cause de la pénurie d'essence, le camion communal est équipé au
gazogène. Le mois suivant, on décide de réparer les vitraux
de l’église qui ont été brisés. Les transports
s'organisent avec le camion à gazogène et on répartit
le contingent de charbon alloué à la commune.
Début août 1944, le temps est beau et de nombreux villageois en
profitent pour se baigner à la plage de SAMOREAU, ainsi que des éléments
des troupes d'occupation.
Le 17 août, les Allemands qui craignent que le pont de Valvins soit coupé par
les bombardements alliés, ont prévu la construction d'un pont
de bateaux. Le 18 août, devant l'avancée des Américains,
les Allemands font sauter le pont reconstruit en bois depuis 1940.
Afin de défendre la rive droite de la Seine, l'envahisseur place quelques
pièces d'artillerie dans les propriétés de SAMOREAU pour
tirer en direction de la route de Valvins, attendant les Américains
dans cette direction.
Le 20 août, à 22 heures, Radio Londres prononce pour la première
fois le nom de Fontainebleau. L'avant-garde des troupes du général
PATTON est aux abords immédiats de Versailles, Fontainebleau et Melun.
Le 23, Fontainebleau accueille les premiers éléments de la 3ème
Armée Américaine et le premier obus tombe rue de Montmélian à SAMOREAU.
Les hommes de Patton construisent un pont constitué de canots en caoutchouc
qui rejoint l'autre rive à la hauteur de la plage de SAMOREAU. Ils rencontrent
une vive résistance et ripostent vigoureusement avec des tirs de 75,
105 et 250. Ils réussissent à établir un point d'appui
et la 3ème Armée franchit le fleuve à SAMOREAU.
Pressé, l'ennemi se retranche dans la faille constituée par la
ligne de chemin de fer. Trois fois, le pont de canots est endommagé par
les tirs allemands.
Ce jour-là, par chance pour les Samoréens, le temps est mauvais
et le ciel déverse des trombes d'eau, évitant probablement le
bombardement du village par l’aviation.
La progression des troupes alliées oblige l’envahisseur à se
replier dans la forêt de Champagne. L'âpreté des combats
laisse des plaies. De nombreuses maisons sont endommagées par les tirs
d'artillerie et le passage des chars. Les bâtiments annexes à la
Grange aux Dîmes sont incendiés. Fort heureusement, il n'y a pas à déplorer
de perte en vies humaines parmi les civils. Les habitants ont vécu pendant
trente heures, de longs moments d'angoisse, terrés dans les caves.
Le 25 août, SAMOREAU fête sa libération. Pour perpétuer
ce fait d'armes, un monument est élevé et inauguré en
août 1952, implanté dans l’axe de l’ancien pont de
Valvins. Une plaque est scellée par les anciens combattants de la 3ème
Armée Américaine, à la mémoire de leur commandant,
portant cette citation : Général Georges PATTON - Sous son commandement,
la troisième Armée Américaine appuyée par ses camarades
français a traversé la Seine à cet endroit le 23 août
1944.